Little Lullaby


 
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In shadow

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In shadow

Luciole

♣ MESSAGES : 21
♣ ANNIVERSAIRE : 18/09/1997
♣ ÂGE : 21


In shadow _
MessageSujet: In shadow In shadow Icon_minitimeMer 28 Déc - 18:18

Bon, je ne posterais surement pas ce roman en entier étant donner que je compte le soumettre aux avis d'un éditeur mais je souhaites savoir ce que vous pensez tout de même du premier chapitre ci dessous. J'accepte tout genre de critiques mais évidemment, je préfère les critiques constructives genres : "ici c'est trop flou, ça ne colle pas, ton personnage change trop vite etc etc ..."


Chapitre 1 : Et si c'était le début d'une histoire ?







Si c'était le début du roman de ma vie? Là, maintenant, tout de suite? Alors que je suis en train de penser, assise sur mon bureau, petite gothique finie, écoutant du métal qui m'explose les oreilles. Je hais cette musique, et pourtant je l'écoute. Elle tambourine dans ma tête, dans mon cœur, elle hurle plus fort que mes pensée, elle m'empêche de me concentrer sur ... sur ma vie en fait. Et cette déco, je la déteste aussi. Des affiches, noires. Pas un soupçon de blanc, le noir, dark. Ouais, c'est le mot, dark, sombre, comme ma vie. Un couteau sur le bord de mon bureau, un couteau qui saigne, cela ne fait pas dix secondes que je l'ai utiliser, déjà une croûte se forme sur mon poignet, dans deux semaines elle ne sera plus là et je couperais encore plus profond, comme d'habitude. Plus profond, toujours plus profond, et peut être qu'un jour j'atteindrais l'os. Si je suis encore vivante. Je range le couteau dans l'armoire. Mon poste émet un drôle de bruit quand la musique change, un grésillement étrange. Il faut dire qu'il est vieux. J'entends quelques accord qui s'enchaînent, des accords doux et tendre, puis la musique explose, elle détruit la douceur et la tendresse des derniers accords, la musique se remet à hurler dans mes oreilles, elle ne me laisse plus le temps de penser, plus le temps de vivre, mais c'est mieux comme ça. Derrière la porte, Mozart tente de rivaliser mais c'est impossible. J'arrache violemment la croûte et presse mon poignet jusqu'à ce que un filin de sang s'écoule, je le regarde, fascinée. Je presse plus fort, des traînées rouges dégoulinent sur mon bras, jusqu'au coude. Je presse plus fort, cette fois le sang gicle littéralement. Je lâche mon bras qui se met à fourmiller. Je le secoue brutalement, entachant un de mes posters de rouge. Ma mère crie, mon père hurle, plus fort que le métal, plus fort que tout. C'est peut être parce que je ne peux plus le supporter que ça résonne dans ma tête, comme des milliers de mots qui se frayent un passage et tambourinent comme des sourds, je voudrais qu'ils finissent par ouvrir mon crâne, par me tuer, mais ils ne font que me faire souffrir encore plus, encore et toujours plus. J’inhale l'odeur de fer rouillé que dégage mon sang, m'en enivre. Si seulement Harry n'avait pas enlever le chit de mon armoire, je serais en train de planer, loin de mes problème, mais cet enfoiré l'a prit avec lui, il a dit que cela ne se prenait pas ces "horreurs" qu'il a dit, il les as balancer! Mais mon vieux, sans ces horreurs je serais plus là! Je me glisse discrètement dans la cuisine et ouvre le placard du bas. J'entends avec plaisir le tintement des bouteilles. Je prends tout, Vodka, Rhum, Vin, Whisky. Tout ça produit pour moi un son si doux, si agréable. Ce léger cling que l'on entend quand les bouteilles s'entrechoquent, le glou glou de l'alcool qui tombe dans le verre et pour finir le silence. Oui, le silence. Parce que derrière le métal et derrière mes parents, tout est silence. Et quand je boit il n'y a plus que du silence. Apaisant. Des pensées stupides, si loin de ce que j'endure tout les jours, presque agréable. Je tombe sur mon lit. Les bouteilles avec moi. Une présence rassurante, protectrice. Avec elle je m'évade, loin, si loin. Le plafond est du bleu ciel de mon enfance, on l'aperçoit encore à travers les posters. Bleue comme le bonheur, bleu comme ... comme rien. Le bleu ne me rappelle rien si ce n'est ... la mort. La mort de ma sœur, la mort de Morgane. La mort. Je ne peux plus pleurer, mes yeux sont secs. Ma mère elle, elle n'a jamais pleurer. Elle a regarder Morgane et ... et elle est partie. Non, elle n'est pas morte, elle est partie. Pas en voyage, ailleurs. Elle est là, mais ... non, elle n'est pas là, je ne peux pas dire ça. Je ne connais plus ma mère, ma mère n'existe plus. Mon père a crier. Il a crier contre le monde, contre l'univers, et depuis il ne s'est pas arrêter. Moi j'ai juste pleurer, pleurer, jusqu'à devenir une loque sans vie, comme maintenant. Morgane ... Un rayon de soleil, l'unique rayon de soleil dans ma vie. Violée, torturée, tuée. Comme ... il n'y a pas de comparaison. Encore une autre musique. Du hard rock cette fois. Les accord détonnent, crache le feu du chanteur, et moi je m'endort, bercée par le vide, bercée par le rien.

C'est le matin. Un matin banal, un de ces horribles matin où on ne veut pas se lever. Sauf que quand les autres se forcent à se lever, moi je reste couchée, je ne bouge pas, je fixe le plafond. Ma mère rentre, ma mère sort, elle part au travail. J'entends mon père qui téléphone au lycée, qui crie, qui raccroche, il s'en va aussi. Il savent bien que quand ils rentrerons, je serait toujours là, comme si rien n'avait bougé. Une tache de sang sur le mur en plus, 5 bouteilles en moins. C'est tout. Harry passe, il se met aussi à crier, il m'appelle, il me dit de descendre, je ne répondrais pas, comme d'habitude. Et comme d'habitude il va monter, essayer de me tirer du lit, je ne bougerais pas, il va crier, crier ... et repartir. Que voulez vous qu'il fasse. Pauvre Harry. Je l'entends qui arrive. Impossible de me soulever, pas que je soit lourde, c'est mon cœur qui est lourd et qui pèse sur le matelas, qui m'enfonce tout le corps dans cet endroit douillet que je hais tant. Alors il repart, sur ma table il y a une pomme, une pomme qui n'était pas là tout à l'heure. Harry a du la laisser là pour moi. Et quand il reviendra ce soir, il regardera la pomme d'un air consternée et la mangera, il me parlera pendant des heures, des ses copines, de ses amis, du lycée, il me dira : "à demain, au lycée", même si il sait que je n'y vais plus depuis des mois. A chaque fois il croit que peut être un jour j'aurais envie de venir au lycée, mais non. je ne veux pas bouger. Et pourtant je vais devoir me lever, le dealer ne m'attendra pas éternellement. Jupe noir à carreaux, bustier noir, tour de poignet rouge, ceinture rouge à tête de mort, et l'argent de mes parents. 5 paquets, 50 grammes, juste pour moi. Comme d'habitude il m'appelle chérie, il me prend par la taille, je lui fais un sourire faux et le repousse gentiment, puis je remonte dans l'immeuble.
La drogue me fait sombrer, elle m'attire vers l'enfer. Mais l'enfer est si beau! Aussi cruel qu'il soit je m'y sens chez moi. Dans l’oubli total, dans la fin. Je souris à Satan, d'un vrai sourire, je le remercie. Merci de m'aider à oublier. De rien qu'il me dit, c'est un plaisir d'avoir de nouvelles âmes redevables. Encore une hallucination. Perdre pied, se laissait tomber. Tiens, un poster se décolle, je me relève, je le recolle, je retombe. C'est ça ma vie. Ma "superbe vie" comme dit ma mère ironiquement. Mais elle a déjà assez à faire avec son boulot, elle ne s'occupe pas tellement de moi. Elle aime bien venir chiper un gramme ou deux quand elle vient chez moi. Et puis qui finirais les vieilles bouteilles si je n'étais pas là. J'ai un seul refuge hormis l'alcool et la drogue, c'est mon imagination, je m'imagine chez toi, dans tes bras, toi mystérieux inconnus qui me nargue tout les jours, reflet de mon imaginaire qui me sourit. Et dans deux secondes je ne vais plus rien trouver à dire et je vais me retrouver dans ma chambre noir et rouge, le couteau à la main, parce que j'aurais délirer, j'aurais bouger sans m'en rendre compte. Une tache de sang sur le mur en plus, 5 bouteilles en moins. Et voilà qu'ils rentrent. Harry, mes parents, et surtout Harry. Je lui souris. Sourire faux rendus. Je lui parle. Parole anodine rendue. Qu'est ce que tu me veux aujourd'hui. Je veux ma pomme! Mange là si ça te fait plaisir. Qu'est ce que tu as fait? Pas de réponse ... Et il repart. Et il me dit qu'il m'aime, qu'il est là pour moi. Moi j'taime pas mon vieux. Regarde moi! Es ce que tu crois que je peux aimer quelqu'un dans cet état? Et le même CD qui recommence, en boucle, les accords qui trouent mes oreilles, les voix qui hurlent et moi qui m'endort, et ça recommence...
Il me reste 30 grammes ... ça suffira, puis de toute façon il y a encore 10 bouteilles de rhum et 7 bouteilles de whisky. Que vais je faire de ma vie? C'est une question qui m'effleure et qui trépasse, comme toute les autres. C'est une question qui m'effraie et que je ne veux pas entendre. Je la rejette, la repousse. Mais elle finit par s'imposer à moi, à trépigner d'impatience, elle veut qu'on s’intéresse à elle. Alors, pour ne pas y penser, je bois, je bois, je bois ... Et quand je me réveille, la tête enserrée dans un étau de fer, je me drogue, je finis tout ce que j'ai, je ne veux plus penser, je ne veux plus penser, je veux rester en enfer.
Et pourtant il faudra bien que je me réveille un jour, que je prenne conscience. Je repousse ce moment, j'en est peur. Et quand mes hallucinations s'arrêtent, quand je reprends conscience, c'est Harry qui arrive. Bonjour, comment ça va? Comme tu me vois. Aujourd'hui, je peux rester plus longtemps.
C'est là que notre conversation s'arrête. Il s’assoit sur le bord de mon lit et me prend la main. Il me regarde, les yeux dans les yeux, il n'osent pas regarder mes cheveux noir de jais, il préfère mes yeux, le refuge, le reste de ce que j'étais avant. Tout le reste l'effraie, de mes habits jusqu'aux marques que j'ai sur le bras. Moi je plane encore un peu, je souris, toujours un sourire faux, un sourire qui fait peur, un sourire désespéré. Et lui ... je ne saurais comment dire. Il m'énerve, je ne peux le supporter et pourtant ... et pourtant.
Alors je me relève, je fuis ce qui reste de bon en moi, et je crie, je hurle, des mots sans aucun sens, je crie tout ce qui me passe par la tête. Et je sors mon couteau et avant qu'il est pu m'en empêcher, je recommence, je cherche à me faire plus mal encore. Je voudrais tellement qu'il comprenne à quel point je l'aime. Mais je ne peux lui dire, je croit le haïr même si je sais l'aimais. C'est l'ami qui m'a toujours soutenus. Alors je prend sa pomme et je la lance, il me regarde, il sait qu'il doit partir, il reviendra demain, même si je lui fais mal, même si il a peur. Il revient toujours.
Je me laisse tomber sur mon lit. C'est à ce moment là que je me rends compte du vacarme. Mes pensées assaillent mon cerveau, il n'y a pas de musique pour les arrêter, Harry l'a arrêter, pas le temps de me lever, je suis prise d'assaut de tout les cotés. Une atroce migraine perce mes remparts de froideur, les questions me font mal, si mal. Et pour la première fois depuis si longtemps, je pleure. Je pleure ce qui me reste de larmes, ces larmes qui ne pleurent plus depuis si longtemps. Je perds la tête, je deviens folle. Pourquoi ? Pourquoi … Je ne comprends plus rien, je n'entends plus rien, le silence me fait mal, il prend mon cœur, le serre, le tord dans tout les sens, joue avec, s'amuse. J'ai mal, j'ai si mal …. Je voudrais hurler mais je ne peux plus parler, je voudrais bouger mais j'en est peur. J'ai peur de moi, peur de tout. Pourquoi ? Pourquoi tu n'es plus là Morgane ? Pourquoi tu es partie ? Je me traine tant bien que mal jusque à mon poste et presse le bouton play. La musique recommence mais elle n'arrive plus à me cacher la vérité, elle ne bat plus aussi fort, je peux monter le volume autant que je veux, je n'arrive plus à me cacher. Je bois une dernière bouteille mais ce n'est pas suffisant. Je suis seule maintenant. Seule dans la maison vide, seule avec mes questions, seule avec mon tourment. Et je sombre dans le désespoir, je sombre dans la mort. Harry ! Harry ! C'est ce que je crie. Je l'appelle, je l'implore, mais il ne vient pas. Alors dans un dernier souffle de désespoir je crie : Maman ! Mais elle non plus ne m'entends pas, alors je tranche violemment mon bras. Le sang coule, coule. Je vois rouge, tout rouge. Et je tombe, je m'effondre sur le carrelage en damier noir. Je ferme les yeux.
C'est la fin. Oui, c'est surement la fin. Il fait noir et je n'est plus mal. Je n'est plus de question. Je vais rejoindre Morgane. Enfin. Mais … ce sont des voix que j'entends, des voix ! Non, laissez moi mourir ! Je veux mourir ! Je ressens brusquement une vive douleur dans le bras, j'essaie de le bouger mais impossible, il est pris dans un garrot serrés, le sang n'y circule plus, il est mort. C'est mon bras qui est mort, pas moi. J'ouvre doucement les yeux. Maman. Je voudrais lui dire, lui dire ma peur mais mes lèvres sont scellées, elle ne parlent plus Papa. Harry. Et je voudrais que tu soit là toi aussi Morgane. Pour me dire que tout vas bien, pour me rassurer. Mais non, tu n'es pas là, c'est moi qui suit à ta place. Voilà comment tu es morte Morgane. Au milieu des regards anxieux, là où je suis allongée maintenant. Et comme un chien revenant à son maître, mon désespoir revient, et le besoin d'être seule, avec ma musique métal et mes bouteilles d'alcool, avec ma drogue et mon couteau. Je m’enferme de nouveau. C'est comme s'ils pouvaient le comprendre, comme s'ils pouvaient voir dans mes yeux que rien n'avait changer. La lueur d'espoir disparaît, c'est la lassitude qui revient. Et la peur, encore la peur. Peur, je voudrais pouvoir te prendre et te déchirer en millions de morceaux, me libérer de toi, et de tout le reste. Mais je m'accroche pourtant à toi, tu es ce qu'il me reste d’humanités, de sentiments. Je ne ressens plus rien, la douleur n'es plus rien, je ne suis plus triste … je suis … moi.
-Mélodie ?
Une voix, je l'entends ! Mais petit à petit, elle disparaît, se fond en moi, se fond dans ma détresse et ne deviens plus qu'un murmure. Mélodie ? Oui. Elle est là, elle est parmi nous ! Oui.
Des cris de joies, des embrassades. Et moi. Seule.
Nous sommes rentrer à la maison. Je suis dans ma chambre, au milieu des affiches, dans ma musique métal, comme si rien ne c'était passer. Et pourtant au fond de moi, je sait que rien ne sera comme avant. J'ai un goût de rouille dans la bouche et envie de vomir. Je ne peux plus supporter cette pénurie d'alcool, je dois … je dois partir. Ouais, partir en transe, au delà du commun des mortels, je dois partir. Alors, en dernier recours, je fouille dans mon placard et en sort un flacon de laque. Je l'asperge sur un mouchoir et respire la forte odeur. Je fais cela pendant des heures. Ça ne me fait pas vraiment planer, mais ça m'occupe, et l'odeur m’enivre, j'ai l'impression d'être saoule. Ma mère rentre. Mélodie, une femme va venir te voir, elle veut te parler, arrête ta musique. Elle sort, comme un fantôme. Moi je reste là, et j'attends. La laque est rangée, la musique ne s'arrêtera pas. Jamais plus. Une femme rentre, on dirait la faucheuse. Dans ses habits noirs on dirait … moi. Je la regarde, la dévisage. Le bleu électrique de mes yeux la dérange, je le vois bien. Elle me parle, je ne comprends rien. Elle parle avec un accent de protocole, comme un automate, elle parle et ne s'arrête pas jusqu'à ce que elle se taise, d'un coup, comme ça. Et me regarde. Alors elle se remet à parler et cette fois je comprends. Elle n'essaie plus de couvrir la musique, elle parle avec la musique, et là je comprends. Je comprends.
-Mélodie, Mélodie c'est ça ?
Bien sur que je m'appelle Mélodie, comment voulez vous que je m'appelle. Mais je lui répond juste oui. Sec, dur.
-Mélodie … Pourquoi un nom si beau sur une fille si triste ?
Menteuse. Mon nom est horrible. Mon nom ce n'est pas moi. Moi je m'appelle rien. Je ne suis rien. Rien du tout. Alors je garde le silence.
-Pourquoi es ce que tu ne dit rien ? Pourquoi Mélodie ? Pourquoi ?
Ne m'appelle plus comme ça, jamais ! La fureur dans mon regard dus la dissuader de continuer à parler. Je retombais dans ma léthargie, surprise que quelqu'un est réussis à m'en sortir. Je cherchais les bouteilles autour de moi mais il n'y avait plus rien. Pour éviter de penser, je me mis alors à crier. Ce que je criais ? Je n'en est aucune idée. Mais la femme ne bougea pas, elle resta là, elle sourit. Je ne voulais pas la faire partir mais je ne voulais pas qu'elle reste. La musique ne faisait rien, plus rien. La femme tendit du papier, du papier et un crayon. Elle sourit et repartit. Un fantôme. Je m'endormis telle une masse. Une énième fin, un point à la journée. Et ce papier qui flottait sur le sol de pierre et qui attendait. Ton jour viendra, mais pas maintenant, c'est top tôt.
Blanc. Noir. Rouge. Les couleurs s'entremêlent devant mes yeux. Elles passent et repassent, je ne peux les arrêter. Je sait que je suis en pleine hallucination. Ou alors es ce un rêve ? Tout est flous, des mots qui viennent et qui repartent. Quelle étrange sensation … Es ce que je suis en train de mourir ? Non, je ne crois pas. Es ce que je redeviens moi ? Es ce que … un visage. Il a tout couper, tout arrêter. C'est si bizarre. Je ne le reconnais pas vraiment, je ne peux pas mettre un nom dessus. Il n'est plus là, il me laisse seule. Sombre. Tombe. Je me réveille, en sueur, dans le noir de ma chambre. Seule le blanc de la feuille de papier éclaire cette obscurité qui me terrifie. Je branche ma musique, sans me soucier des autres et me dirige vers une armoire noire, dans un coin de ma chambre. Doucement j'ouvre une porte et, comme dans les films, un nuage de poussière m'explose en pleine figure. Je toussote et d'une main hésitante, cherche à l'aveuglette le doux contact de poil un peu trop rêche. Je saisis l'objet, léger et mou et le regarde longuement. C'est juste un vieux nounours brun, aux yeux noirs qui affiche un léger sourire. Il doit faire à peu près la moitié de ma taille, je ne peux que lui rendre son sourire. Une des ses oreilles est légèrement coupée et sa paupière retombe sur son œil, mais c'est pour ça que je l'aime. Je me surprend moi même de penser ça. Et pourtant je retourne dans mon lit et le serre dans mes bras, comme un lien vers mon innocence, ma gentillesse et vers ce qui me reste d'humanité.
Le jour se lève, chasse ce qui était apparus pendant la nuit. Mon regard est froid, j'ai l'impression d'être de glace, j'ai froid. Le nounours est retourné dans l'armoire, la feuille est dans la poubelle. Elle fait bizarre dans cette chambre parfaitement rangée, boule de papier froissée, désordre dans la perfection. J'ai une atroce envie de mourir. La maison est vide. J'entends pourtant quelqu'un qui frappe à la porte. J'ouvre, surprise. C'est la femme. Je referme la porte violemment. C'est à cause d'elle tout ça ! Elle ne dit rien, peut être est elle partie. Je rouvre la porte et elle en profite pour se glisser dans mon univers. Elle regarde la feuille et sourit. Sans doute a t-elle vus le crayon posé délicatement sur le bureau, habilement peint en noir. Elle me regarde et son sourire disparaît. C'est là qu'elle me donne une gifle. Pas une petite gifle, non, une de ces roustes horribles que aucun parents ne donnerait à son enfant, même pour la plus grave des erreurs. Je tombe à terre, choquée, les larmes me vinrent mais elles restèrent bloquée, quelque part entre mon cœur et mon cerveau.
-Pleure ! T'as une raison de pleurer alors tu vas pleurer, maintenant ! Réveille toi bordel !
Elle me frappe de nouveau, elle s'acharne sur moi, déchaîne sa rage. Et pourtant j'ai l'impression qu'elle fait attention, que derrière sa colère, elle se fait autant mal qu'à moi. Je prend presque plaisir à cette douleur qui me traverse, me lancine de part en part, elle me réveille, elle me fait mal mais elle me secoue, comme si on m'avait balancé un grand seau d'eau sur la tête. L'image de Morgane me revient en tête. Et cette fois, je ne peux plus retenir mes larmes. Je pleure comme un enfant, comme ce que j'étais alors. Je pleure sans m'arrêter. La femme s'accroupit, je me recroqueville, j'ai peur. Elle me prend dans ses bras, lançant des c'est finis de maman attentionnée. Je n'y avais jamais eu droit mais curieusement cela me faisait du bien et me mettait en rogne. La femme me sourit, doucement, ce fut à ce moment là que je remarquais la fine marque qui ornait le bas de son cou, une cicatrice qui était restée rouge, traversant le temps. En voyant mon regard, la femme sourit et m'aide à me relever. C'est alors qu'elle me parle, d'égal à égal.
-Mélodie, j'ai vécu ta souffrance, j'ai eu mal moi aussi, et je n'ai rien compris. Alors maintenant tu vas me faire plaisir et aller au lycée demain, si tu n'y vas pas, tu t'enfonceras ma chérie. Alors vas-y, Harry n'attends que ça.
Elle sort. Comment connaissait-elle Harry ? Aucune idée. Je crois presque entendre une voix dans ma tête. Y'a encore du boulot mais j'vois du progrès. Cette voix, je veux l'écorcher, c'est la voix lente et sourde de ma sœur, la voix qui m'a transpercer le corps, si longtemps, la voix d'une malade sur le lit de la mort, ma voix. Je perds pied, et ce visage qui m'obsède, je ne peux pas mettre un nom dessus. Et pourtant … oui pourtant je sait que c'est toi … Tes yeux si profond … Je ne veux pas oublier ce visage et pourtant il s'efface de ma mémoire avant que j'ai pu mettre un nom dessus. Reviens ! Reviens … C'est le sommeil qui m'emporte, avant même que le soleil n'est disparus derrière les immeuble, le sommeil qui m'emporte dans des rêves extraordinaire. Je crois devenir une enfant, puis un monstre, les images se succèdent, et je ne peux dire ce qui se passe. Tout à coup, une photo, une étrange photo s'impose à moi. Je tente de discerner qui y est représenté. C'est une petit fille aux cheveux noirs et aux yeux verts, le regard perdus dans le lointain, une robe blanche emportée par le vent. Et quelque chose que me souffle que c'est moi, moi avec cette tristesse peinte sur le visage, moi et rien d'autre, ce que je suis vraiment. Mais cette sensation s'efface, comme le reste de gentillesse qui m'était venus la nuit dernière. J'oublie mes rêves comme j'ai oublier les autres, depuis trop longtemps, je n'ai plus de rêves, plus d'espoir, je n'ai plus rien, je ne suis plus rien.
Et pourtant, presque automatiquement, je balance quelques cahier dans mon sac, sans vraiment regarder ce qu'ils sont. Quand ma mère me vit, elle ouvrit d'énormes yeux mais ne dit rien. Je ne peux pas l'écouter de toute façon. Je met mes écouteurs froids et depuis si longtemps resté en plan et enclenche la cruelle musique. Mes pas sont lourds, je suis gelée, j'ai peur. Peur que l'on me rejette, peur d'être une attraction de foire. Peur de le voir. Peur de te voir. Harry. Tu es là, dans la cour, tu parles aux filles, elles te tournent autour, comme d'habitude, elles me donnent envie de vomir. Tu te retournes et étrangement tu ne me vois pas tout de suite. Peut être n'ai-je pas assez mis de maquillage noir ? Où alors es ce que c'est juste que tu ne veux pas y croire ? Mais là, tes yeux s'ouvrent, tu semble presque tomber en arrière et, lâchant ton sac, lâchant tout tu me sautes dans les bras. Mélodie ! Mélodie tu m'as manquer, tu m'as tellement manquer … Ta voix est pleurnicharde, je sens comme un choc énorme, tu n'es plus Harry, tu es devenue ce dont j'avais toujours eu peur chez toi, tu es devenus con. Je détourne les yeux de toi, du monde, de la réalité. Je te regarde, dégouté, et je repars, mon sac sur le dos, je rentre chez moi. Finis la bonne volonté, finis Mélodie. Je la laisse derrière moi, avec Harry et les autres pouffiasse. Qui je suis, je ne sait pas, qui je serais, je ne sait plus, mais je sait que je part, sans toi, sans ce visage, sans rien, on raye tout et on recommence de zéro.
Perdus. Game Over. Try again ma vieille.
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Louise

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MessageSujet: Re: In shadow In shadow Icon_minitimeMer 28 Déc - 22:25

Déjà, c'est rare que je lise un texte sur un ordinateur puisque ma concentration n'est jamais très élevée quand je suis devant un écran. Mais comme je n'avais rien d'autre à faire, j'ai fais un effort et j'ai lu ton texte.
Ne le prends pas mal mais je vais te dire très franchement ce que j'en pense...
Je trouve ça très caricatural, à mon avis tu pourrais à la rigueur en faire une série télé, mais pas un roman. Et puis il faudrait que tu penses à te relire (et si tu l'as déjà fait, recommence une fois de plus), il reste pas mal de fautes que tu pourrais facilement éviter. Fais particulièrement attention au passé composé, apparemment ce temps n'a pas l'air de te réussir, tu changes presque tous les participes passés du premier groupe en infinitif.
Bon et puisque tu parles d'éditeur, blablabla, personnellement je pense qu'écrire à 14 ans, c'est bien, mais franchement tu as toute ta vie devant toi pour essayer de te faire éditer...

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« Je n'ai jamais voulu faire de balloches et je n'ai jamais cherché à composer de chansons populaires, de tubes, tu vois ? Dans les maisons de disques, on me disait qu'il fallait que je me coupe les cheveux, que je ne porte plus de jeans et que comme ça je pourrais plaire aux minettes. Moi je leur ai dit d'aller se faire voir, et j'ai claqué la porte à tous ces gens parce que je refuse de faire la pute avec moi-même. » Personne.

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Damned.

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MessageSujet: Re: In shadow In shadow Icon_minitimeMer 28 Déc - 22:52

    Ayant un peu mal la tête, je n'ai pas tout lu. Mais pour le peu que j'ai parcouru, je peux déjà confirmer les dires de Lou-Wizz. C'est très caricatural de l'adolescente qui déprime. On sent que c'est écrit par une adolescente, aussi (ne prend pas ça mal, hein, mais les mots ont le poids de cette période de la vie, du malheur, l'incompréhension... Toutes ces choses typiques de cette crise). Il faudrait que tu parviennes à te détacher des stéréotypes, à donner plus de vie à ton personnage. Il est possible d'écrire la douleur, la déchéance, sans sombrer dans les idées vues et revues, sans faire ressentir que tout est causé par l'âge. En donnant un côté plus dramatique et, je ne suis pas sûre que ce soit le bon terme, moins "lourd".

    Ensuite, je trouve que tout tire en longueur, mais en même temps, c'est rapide. Présentation rapide du personnage qui souffre, se taille les veines dans ses vêtements sombres, dans sa déchéance. D'un autre côté, c'est trop de lignes qui en parlent, qui étouffent le lecteur. Tu parles alcool et drogue, tu parles scarification, détresse, mais les sentiments ne se ressentent pas assez fort. Il ne faut pas vouloir en faire de trop, il faut essayer de parvenir à un juste milieu. Tu as encore bien le temps d'apprendre à y parvenir.

    Fais aussi attention aux termes que tu utilises. Certes, tu uses d'un langage familier, mais les mots choquent parfois. "Dark", par exemple, ne me semble pas approprier. Déjà, ce n'est pas français, donc, utilisé dans la narration... Boaf. Prends garde également aux répétitions. J'en ai vu une ou deux et je suis très sensible à ce "problème" dans les écrits. Cherche les synonymes, des expressions qui peuvent remplacer le terme auquel tu penses. Renseigne toi sur les subtilités du français.


    Bon, ma migraine ne faisant qu'empirer, je vais m'arrêter là dans mon roman ._. . Je répète juste que je plussoie tout à fait Lou-Wizz. Tu es jeune, tu as encore beaucoup à apprendre ne serait-ce que dans la beauté du français. Ne cherche pas à publier tout de suite, au risque d'être découragée par un éventuel refus. Prends le temps, ne va pas trop vite.
    Et bonne chance pour être un jour publiée :)

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Le problème, c’est que même si tu m’disais « je t’adore » j’te croirais pas ! Je sais plus quand tu joues et quand tu joues pas. J’suis perdue... Attends deux secondes, j’ai pas fini... Dis-moi qu’tu m’aimes... Dis-moi juste que tu m’aimes. Parce que moi j’oserai jamais te l’dire la première, j’aurais trop peur que tu crois qu’c’est un jeu...
Jeux d’enfants, Sophie.


« Et ch'uis comme un cobaye qu'a sniffé toute sa paille. »
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